Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 12:54

Les peintures françaises ne sont pas toujours les plus belles au monde, mais ce sont celles dont l’inspiration réponde le mieux à ma définition de l’Art, comme d’une interprétation personnelle du monde et des individus qui leur garde leur âme essentielle, sans chercher à déformer pour impressionner. J’ai l’envie que l’art me fasse pénétrer dans un monde ordonné, qui correspond à mon souhait d’un certain monde idyllique peut-être un peu artificiel, mais souhaitable, et dans le quel le cœur et l’esprit peuvent se trouver unis dans une même compréhension, où l’on évite les tiraillements entre l’horreur et l’admiration, le désordre et le charme, et où l’on construit ce que les hommes ont, il me semble, toujours cherché à construire, c’est-à-dire, un ordonnancement qui leur est favorable. Il peut y avoir de la beauté ailleurs, mais c’est presque une question de nature : je préfère la mer calme à la mer furieuse, les champs de blés en été à un paysage de rochers déformés par le vent. J’aime les manifestations de ce long  effort déployé par l’homme pour adapter le monde à ce qui peut le réjouir.

Si je suis si sensible au goût français, c’e st qu’il a révélé un vrai désir de la beauté et de la grâce, de l’équilibre, du manque d’excès et du respect de ce qui est peint. Il y a une splendeur française. Ce qui me frappe dans la peinture du XVIII e siècle de Fragonard, Watteau, Boucher, Nattier, Lancret, Natoire, et de bien d’autres, c’est que toutes les femmes ont l’air intelligentes. On ne peint pas d’aimables idiotes, on peint des belles spirituelles. Elles incitent au bonheur : elles sont subtiles, ravissantes, gratuites….Et elles passent le mouvement même de la vie pour la vie, enlevé, mousseux, joyeux. Toutes ont des physionomies différentes, et toutes sont délectables. Ainsi cette jeune fille de Watteau qui flirte, on voit l’hésitation dans son visage, une part d’effroi, une part d’amusement, une part de désir, une part d’acceptation, et c’est elle qui met la main de l’amoureux sur son sein. Voilà toute l’évocation d’un monde de tendresse et d’humanité qui a existé, et qui est là sous nos yeux. Mais qui le voit ?

Michel David-Weill a été banquier chez Lazard. Il est collectionneur d’Art et fait partie du comité d’acquisitions du Metropolitan Museum de New York. On l’a surnommé « le dernier empereur de Wall street ». Il est surtout un personnage original, séduisant, dont la philosophie de la vie, la vision personnelle du monde sont colorées par l’humour et le goût du bonheur.

 

 

 

Jean-Antoine Watteau - Au début de sa carrière, vers 1707, Watteau peint, inspiré par son maître Pierre Gillot, une scène de comédie dans laquelle un Arlequin déguisé tente de séduire une Colombine bien entourée. "La partie Carrée"

Jean-Antoine Watteau - Au début de sa carrière, vers 1707, Watteau peint, inspiré par son maître Pierre Gillot, une scène de comédie dans laquelle un Arlequin déguisé tente de séduire une Colombine bien entourée. "La partie Carrée"

Partager cet article
Repost0

commentaires