Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 15:44

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Maroc, je vous conseille le livre « L’appel du Maroc » sous la direction de Daniel Rondeau. (310 pages) On y raconte une histoire de 100 ans. 
Ce livre explore un grand éventail des aspects du passé du Maroc, et contient les préfaces d’Hubert Védrine Ministre des Affaires Etrangères, de Nasser El Ansary, de Tajeddine Baddou, etc. Comment un pays parle à des écrivains qui lui répondent ? Ils sont ambassadeurs, soldats, proscrits ou vagabonds et le Maroc représente l’exil de leur cœur. 


Il y a Paul Bowles le retiré de Tanger, Samuel Beckett, Paul Morand, Joseph Kessel Saint Exupéry, Tennessee Williams, Allen Ginsberg, Williams Burroughs, Truman Capote, Gore Vidal, David Herbert, Pierre Bergé et Yves-Saint-Laurent, Brion Gysin, Jack Kerouac, Ira Cohen, John Kopkins, Rodrigo Rey Rosa (Guatemala), Paul Theroux de la Nouvelle Angleterre, Jérôme et Jean Tharaud, Anaïs Nin, André Gide, Henri Bosco, Agatha Christie, Michel Jobert, Arthur Koestler, Isabelle Eberhardt, J.M.G. Le Clézio, Jean Genet, Ernst Jünger, Roland Barthes, Mark Twain, etc. Tous ont séjourné au Maroc ou y ont vécu jusqu’à leur mort.


Il y a aussi Henri de Montherlant, Paul Odino, Maurice Le Glay, le Général Lyautey….


Je suis allée au Maroc et c’est un très beau pays, très contrasté. C’est dans la montagne que je me suis sentie bien, du Nord de l’Atlas jusqu’aux portes de l’Anti-Atlas. Ce sont les plus belles montagnes vues dans ma vie. Je suis allée à Fès, Ifrane, Azrou, Beni-Mellal face à la plaine du Talda et jusqu’à Marrakech où j’ai vu la Villa Majorelle hymne à la couleur bleue, la médina, la Koutoubia, les tombeaux Saadiens et le Palais de la Bahia, puis à Ouarzazate puis plus au sud avant de remonter vers le nord vers la vallée des roses, la vallée du Dadès aux mille Casbahs dans le Haut Atlas, Erfoud aux portes du désert, la vallée du Ziz et Er-Rachidia, et traverser à nouveau le Moyen-Atlas par le nord. J’ai vu la transhumance des bergers dans les montagnes entre Er-Rachidia et Boulmane, et c’est un spectacle extraordinaire. A Fès capitale spirituelle, j’ai visité la plus ancienne université du monde arabe créée par une femme berbère. 
Il existe beaucoup d’influence judaïque dans la culture marocaine et effectivement,  les maisons des juifs sont construites près des Palais des rois, elles ont une architecture particulière, en hauteur avec des balcons, je dirais d’influences hispaniques. 


J’ai chez moi, une aquarelle qui peut être une chambre marocaine d’Eugène Delacroix et qui vient du musée du Louvre à Paris. Delacroix qui a débarqué à Tanger au Maroc en 1832 âgé de 34 ans,  au sein de la mission diplomatique conduite par le Comte de Mornay, ambassadeur de Louis Philippe. Les carnets de dessins de Delacroix sont de véritables trésors où il a capté les couleurs et l’esprit du Maroc.


Fès est la doyenne des villes impériales au Maroc et elle est aussi la capitale spirituelle et culturelle. Elle se compose de 3 cités distinctes : Fès El-Bali, la vieille ville arabo-musulmane (8ème et 12ème siècle), Fès El-Jedid, cité impériale du 13ème siècle qui regroupe le palais royal et le quartier juif, et la ville nouvelle, splendide, aménagée au début du 20ème siècle. Elle est réputée pour son artisanat et sa gastronomie et n’a rien perdu de ses traditions. C’est la ville des teinturiers, des céramistes, des objets en cuirs, et j’ai eu également l’occasion d’y visiter une madrasa. 


Ifrane est pour moi le vrai début du voyage, située à 1650 mètres d’altitude avec de larges rues ombragées de bouleaux et bordées de parcs, d’immeubles modernes aux toits pentus couvert de tuiles orange, grandes villas à l’allure européenne et nombreuses fontaines. Une station de ski montagne créée en 1929 sous le protectorat français. J’ai eu l’occasion d’y voir des magots ou macaques dans les parcs et de nombreux étudiants car la ville possède une université privée, l’université de langue anglaise Al-Akhawayne fondée par Hassan II et le roi d’Arabie Saoudite. Des étudiants du monde entier sur un camus de luxe….A 19 kms au sud, la principale station de ski du Moyen Atlas, Mischliffen et l’on y skie de la fin décembre jusqu’au début de mars. Elle se situe sur les pentes d’un ancien volcan, entouré de majestueuses forêts de cèdres. Une ballade avec le groupe inoubliable à l’entrée d’Ifrane. Les eaux de la source Vittel, réputées pour leur pureté coulent en cascade au milieu d’une forêt d’érables et de peupliers, Source Vittel et cascades des vierges. 


La ville d’Azrou m’a surtout marquée par sa splendide mosquée et les tuiles vertes de ses maisons, Azrou voulant dire « rocher ». Ville à l’industrie forestière dont l’atmosphère est paisible, le climat très doux, avec des souks berbères et des groupes de magots (macaques). La mosquée est assez récente avec des tuiles vertes, des linteaux de bois de cèdre sculptés qui en fait la fierté de la ville, construite à flan de montagne, et entourée de parvis de fleurs, et surtout des roses trémières. La forêt de cèdre d’Azrou est l’une des mieux conservées au monde et la plus belle du Maroc. Elle abrite quelques spécimens gigantesques dont le cèdre Gouraud qui atteint 10 mètres de circonférence à la base. Malheureusement l’arbre qui a environ 800 ans souffre de vieillesse, de la gourmandise des magots et des singes de Barbarie qui glanent les cacahuètes jetées tout autour du site est dommageable. Sortir d’Azrou est un vrai plaisir en prenant la route panoramique dite des cèdres avec de belles forêts de chênes- lièges et de cèdres. Entre ces forêts profondes et les pâturages, elle dévoile de superbes vues sur Azrou et sa grande plaine cultivée. On y croise aussi des troupeaux de moutons, des buvettes de montagne où l’on boit des oranges pressées. Plus loin, on rejoint le lac Afnourir, un aguelmane ou lac  de montagne niché à 1800 mètres qui en hiver sert de refuge aux oiseaux migrateurs.


Le lac Aguelmane Aziza est un lac de cratère qui doit son nom berbère de « lac bleu » à la couleur de ses eaux poissonneuses, et des familles berbères s’y installent l’été sur la rive du lac avec leur troupeaux de moutons. Le plus beau que j’ai vu au Maroc. Puis vient la ville de Beni-Mellal qui s’étend au pied du Moyen Atlas, face à la plaine fertile du Tadla un immense verger dédié à la culture des olives et des oranges réputées pour être les plus savoureuses du pays. Cette grande cité agricole est une étape agréable entre les villes impériales de Fès et de Marrakech. 
(à suivre….)

Mon Maroc...
Partager cet article
Repost0

commentaires