Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 14:18

(…) C’est que l’Amérique aime la littérature et le lui prouve, paquets de dollars à l’appui : parmi ses universités et ses collèges figurent les meilleures institutions d’enseignement du monde, qui recrutent écrivains, penseurs, philosophes de renommée internationale pour y dispenser des cours de littérature et d’écriture, afin que les futurs auteurs soient dignement formés. Bien dotés, choyés par leur Etat et par les caisses du gouvernement fédéral, les presses et les revues universitaires font autorité sur le marché du livre. Mieux : grâce aux revues, la short story, la creative nonfiction, et la poésie entretiennent la diversité littéraire américaine. Qui ignore le triomphe absolu du seul genre romanesque. Les jeunes auteurs espérant voir leurs œuvres portées à la connaissance du public se tournent vers elles en priorité pour entamer leur carrière avec la publication de short stories. C’est sans doute la fonction éditoriale des reviews qui fait véritablement la vie littéraire : les agents et les éditeurs débordés y traquent avantage les nouveaux talents que dans les manuscrits qu’ils reçoivent.

 

(…) Si la presse littéraire française se contente souvent, à quelques exceptions près d’assurer la promotion des livres et de se faire l’écho de nouvelles tendances (tandis que l’université, moribonde, est bien en peine de faire entendre sa voix, si elle en a une), les revues américaines, associant chercheurs, écrivains, professionnels de l’enseignement et critiques de formations journalistiques, révèlent de jeunes auteurs, et, grâce à la qualité de leur recension, initient de nouveaux courants, des controverses formelles, des débats scientifiques dignes d’intérêts.

 

Quelque unes des revues littéraires indépendantes ont fait connaître des auteurs désormais accueillis à bras ouverts dans les grandes maisons, tels Dave Eggers et son influente revue-maison d’édition McSweeney’s et Thomas Frank avec The Baffler. A tout le moins, quelques autres restent des références pour les initiés

.

Mais c’es la plus cosmopolite, la plus  Blue-stated des cités américaines, c’est bien New York qui concentre cette activité critique et diversifiée. D’abord parce que la ville abrite les plus anciennes revues indépendantes du pays, mais aussi parce qu’elle est le siège des magazines un tant soit peu influents dans la vie littéraire américaine, à commencer par le New Yorker.

 

Seul hebdomadaire littéraire largement diffusé dans tous les Etats-Unis depuis sa création en 1925, le New Yorker occupe une place singulière dans le cœur des américains pour avoir été le berceau de ses écrivains, artistes les plus aimés : les humoristes (Thurber, Benchley, Perelman), les illustrateurs (Charles Addams, Robert Crumb, Art Spiegelman), les auteurs favoris des adolescents (J.D. Salinger, Nabokov, Truman Capote, E.B. White), et plus récemment John Updike, Joseph Mitchell, Susan Sontag, Philip Roth, Jonathan Franzen. Nul journal au monde ne peut se vanter d’avoir aussi amplement contribué à la reconnaissance d’une telle liste de collaborateurs. Revue culturelle rappelant le programme des activités de New York (théâtre, expos, cinéma, musique), le New Yorker n’a pourtant rien d’un Télérama littéraire : il est aussi à la pointe du journalisme d’investigation, et c’est son reporter Seymour Hersh qui, le premier, a révélé le projet du Pentagone d’envahir l’Iran, ainsi que les crimes commis dans la prison d’Abu Ghraib.

 

In « La revue des deux mondes » Septembre 2006. Par Claire Debru « Etudes et réflexions » page 35. Après avoir consacré un troisième cycle universitaire à la littérature française des 17ème et 18ème siècles Claire Debru travaille dans l’édition. Elle est également critique et traductrice.

Du Ground zéro au Ground + 1, enquête sur la vie littéraire à New York.
Barack Obama: “Grâce à la littérature, j'ai pu imaginer ce qui se passait dans la vie des gens” . Quelques jours avant son départ de la Maison-Blanche, le président américain a pris le temps de recevoir Michiko Kakutani, l’intraitable critique du “New York Times”, pour une entrevue singulière. Son objet : la littérature ! L’occasion pour Barack Obama de revenir sur ses ambitions d’écrivain, le rôle que les livres ont joué dans sa formation, mais aussi le pouvoir des mots dans les temps troublés que nous traversons.

Barack Obama: “Grâce à la littérature, j'ai pu imaginer ce qui se passait dans la vie des gens” . Quelques jours avant son départ de la Maison-Blanche, le président américain a pris le temps de recevoir Michiko Kakutani, l’intraitable critique du “New York Times”, pour une entrevue singulière. Son objet : la littérature ! L’occasion pour Barack Obama de revenir sur ses ambitions d’écrivain, le rôle que les livres ont joué dans sa formation, mais aussi le pouvoir des mots dans les temps troublés que nous traversons.

Partager cet article
Repost0

commentaires