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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 13:09

Contrairement à la plupart des autres empereurs Romains, Néron aime les couleurs vives, les costumes à la grecque, les modes orientales. Surtout, il montre un penchant indéniable pour le vert. D’abord pour ses tenues, notamment lorsqu’il se montre au théâtre ou à l’hippodrome. Ensuite dans le décor de ses palais, où la soie occupe une place inconnue jusque là. Mais surtout dans ses collections de joyaux et de pierres où les émeraudes occupent la première place. Un passage de Suétone est à cet égard, resté célèbre : Néron, à l’amphithéâtre aurait regardé les combats de gladiateurs au travers d’une grande émeraude pour ne pas être gêné par les rayons du soleil. Ce passage a souvent été mal traduit ou mal interprété. Certes, Néron aimait assister à de tels combats, mais il n’observait pas les gladiateurs au travers d’une émeraude, ni même au travers d’une pierre de béryl, moins colorée mais finement taillée : il n’aurait rien vu ou pas grand chose. Il faut comprendre le texte différemment : Néron se délectait du spectacle des gladiateurs, restait de longues heures à les contempler et, pour se reposer les yeux, il dirigeait de temps en temps son regard vers une grande émeraude, cette pierre passant pour avoir comme vertus en autre, celle d’apaiser la vue. Plus tard, les scribes et les enlumineurs du Moyen-âge penchés une bonne partie de la journée sur les livres des parchemins, reposeront pareillement leur vue en contemplant de temps à autre, une émeraude.

Pour la fraternité panhéllenique de femmes Alpha Sigma Tau, l’une des couleurs symboliques la représentant est le vert émeraude. L’émeraude est une pierre précieuse.

Nommer le vert en grec ancien n’est pas facile car non seulement les frontières du vert avec d’autres couleurs sont floues, mais le vert apparait comme peu dense, pâle, terne, presque incolore. Ce n’est qu’à l’époque hellénistique qu’il prendra davantage de force et qu’un terme jusque là discret jouera un rôle lexical de plus en plus grand : prasinos. Il désigne tous les tons de verts bien marqués et souvent les verts foncés. S’appuyant sur un lexique imprécis des bleus et verts, des historiens, philologues, ophtalmologues et médecins se sont en effet demandé si les Grecs n’étaient pas aveugle à ces deux couleurs (bleu et vert), et d’une manière générale, s’ils n’éprouvaient pas des difficultés à percevoir la plupart des colorations. En fait, les Grecs anciens voyaient certainement bien le vert mais les occasions qui leur étaient donné de nommer cette couleur par écrit n’étaient pas très nombreuses ni remarquables.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, si le vert disparait progressivement de l’ameublement et du cadre de vie quotidien, il n’en va pas de même pour le vêtement. Certaines élégantes lui restent fidèles et continuent de voir en lui une couleur apaisante ou romantique. Ainsi l’impératrice Eugénie, l’une des plus belles femmes de son temps, admirée partout, lançant des modes dans l’Europe mondaine. Contrairement à la reine Victoria, elle aime le vert et le porte le soir au bal, au théâtre et à l’opéra. Les lumières sont différentes et produisent des effets nouveaux. Par ailleurs les teinturiers lyonnais, associés à des chimistes allemands, mettent au point une nouvelle teinture verte, dense et lumineuse, qui sur la soie présente de magnifiques reflets : le vert de l’aldéhyde. L’impératrice Eugénie est la première à porter cette nouvelle nuance de vert dont les reflets inattendus font d’autant plus sensation qu’elle a pour habitude de vaporiser sa chevelure brune de poussière d’or. Vert et or, l’harmonie est parfaite.

Pour la fraternité panhellénique de femmes Alpha Sigma Tau, l’une des couleurs symboliques la représentant est l’or. L’or est un métal précieux.

Le choix des deux couleurs d'Alpha Sigma Tau, vert émeraude et or, représente l’harmonie parfaite.

 

L'impératrice Eugénie de Montijo

L'impératrice Eugénie de Montijo

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