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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 20:51

Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un. Ce que nous aimons, c'est un concept forgé par nous — et en fin de compte, c'est nous-mêmes.

 

Fernando Pessoa, Le Livre de l'Intranquilité

 

 

 

Trouver quelqu'un qu'on puisse aimer, - Quelqu'un qui ne trahira pas ; - Quelqu'un qui apprécie les choses - Et les mots selon notre goût ; - Qui ne dit aucun mal de nous ; - Qui prend soin de notre confort ; - Qui nous pardonne nos défauts - Et qui jamais ne nous ennuie. - Vous chercherez en vain ce fantôme, - cessez de perdre vos efforts. - N'ayez d'amour que pour vous-même, - Mon très respectable lecteur. - L'objet en est digne ; jamais - vous ne trouverez plus aimable.

 

Alexandre Pouchkine, Eugène

 

 

 

Fernando Pessoa, Lisbonne

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 20:09

Un poème c’est bien peu de chose
à peine plus qu’un cyclone aux Antilles
qu’un typhon dans la mer de Chine
un tremblement de terre à Formose
Une inondation du Yang Tse Kiang
ça vous noie cent mille Chinois d’un seul coup
vlan
ça ne fait même pas le sujet d’un poème
Bien peu de chose

On s’amuse bien dans notre petit village
on va bâtir une nouvelle école
on va élire un nouveau maire et changer les jours de marché
on était au centre du monde on se trouve maintenant
près du fleuve océan qui ronge l’horizon

Un poème c’est bien peu de chose.

 

Raymond Queneau

L'instant fatal
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 20:03

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926

Rose à Combleux (45)

Rose à Combleux (45)

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 14:06

Lorsque tout va mal dans notre vie, il suffit, certaines nuits, de lever les yeux dans le noir, pour découvrir, exactement au-dessus de notre tête, une étoile un peu plus grosse et brillantes que les autres: la fameuse étoile du réconfort. On la fixe un moment: son seul éclat nous donne une énergie nouvelle.

 

Pierre Pégu

La Diagonale du vide

La diagonale du vide                     30/01/2015
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 13:51

 

 

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

 

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

Soleils Couchants  28/01/2015
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 13:15
Les yeux d’Elsa, de Julia, d'Elsa, de Julia....

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire
À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges


Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés
Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L’iris troué de moire plus bleu d’être endeuillé
Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le cœur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche
Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres


Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux
L’enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages
Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août


J’ai retiré ce radium de la pechblende
Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou, ma Golconde, mes Indes
Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d’Elsa, les yeux d’Elsa, les yeux d’Elsa.

Louis Aragon. Recueil: "Les Yeux d'Elsa".

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 21:20

 

"Quand l'Amour vous fait signe, suivez-le, 
 Bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.

Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui, 
En dépit de l'épée cachée dans son plumage, qui pourrait vous blesser.

Et quand il vous parle, croyez en lui, 
Même si sa voix fracasse vos rêves, comme le vent du nord saccage les jardins.

Car comme l'amour vous coiffe d'une couronne, il peut aussi vous clouer sur une croix.

Et de même qu'il vous invite à croître, il vous incite à vous ébrancher.

Autant il s'élève au plus haut de vous-même et caresse les plus tendres de vos branches qui frémissent dans le soleil,
Autant cherche-t-il à s'enfoncer au plus profond de vos racines et à les ébranler dans leurs attaches à la terre.

100 2744

Telles des brassées de blé il vous ramasse et vous enlace.
Il vous bat au fléau pour vous mettre à nu. 
Il vous passe au tamis pour vous libérer de votre balle. 
Il vous moud jusqu'à la blancheur. 
Il vous pétrit au point de vous assouplir ; 
Et puis il vous livre à son feu vénéré, afin que vous deveniez pain sacré pour le saint festin de Dieu.

Voilà tout ce que l'amour fera en vous afin que vous puissiez déceler les secrets de votre coeur, et devenir ainsi un fragment du coeur de la Vie. 

Mais si dans votre crainte vous ne recherchiez que la paix et le plaisir de l'amour, 
Alors il serait préférable pour vous de couvrir votre nudité, de quitter l'aire de battage de l'amour, 
Et de vous retirer vers un monde sans saisons, 

Où vous pourrez rire sans laisser jaillir tous les éclats de votre rire, 
Où vous pourrez pleurer sans jamais libérer toute l'amertume de vos larmes. 

L'amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que de lui-même. 
L'amour ne peut posséder et ne peut être possédé ; 
Car l'amour suffit à l'amour.

Quand vous aimez, ne dites pas : "Dieu est en mon coeur", mais plutôt : "Je suis dans le coeur de Dieu". 

Et ne croyez pas que vous pouvez diriger le cours de l'amour, car si l'amour vous trouve digne, lui-même guidera votre coeur. 

100 2731

L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir. 
Mais si vous aimez et devez éprouver des désirs, que ceux-ci soient les vôtres : 
Fondre en un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit. 
Connaître la douleur d'un flot de tendresse. 
Etre blessé par votre propre perception de l'amour ; 
Et laisser couler votre sang volontairement et joyeusement. 
Vous réveiller à l'aube avec un coeur ailé et rendre grâce à Dieu pour cette nouvelle journée d'amour ; 
Vous reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour ; 
Regagner votre foyer au crépuscule en remerciant le ciel ; 
Puis vous endormir avec une prière pour l'être aimé en votre coeur et un chant de louanges sur vos lèvres."


Khalil Gibran
Khalil Gibran ou Gibran Khalil Gibran (Djubran Kahlil Djubran) est né en 1883 à Bsharri (Liban) et il est mort en 1931 à New York. Poète, philosophe et artiste, il écriva d'abord en arabe, où il gagna sa première renomé et puis ensuite en anglais quand il s'installa à NY en 1912. Ses Poèmes ont été traduits en plus de 20 langues. Ses Dessins et peintures ont été présentés dans les plus belles capitales du monde.

100 2734
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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 20:05

 

Foire_Art_Moderne.jpg

LA TERRE ....MA MAISON

Le sol....mon plancher

Le ciel...mon toit

Le vent.....ma couverture

La terre....ma maison

 

03Fauteuil.jpg

 

DANS MON REVE

Dans mon rêve, je sors d'un tableau de publicité

Qui est animé par une horloge

L'hologe est animée par des roues

Les roues sont animées par un méchanisme

Avec ma taille toute petite au milieu de grandes choses

C'est vraiment bizarre

Mes copains, je ne peux plus les voir

Eux ils sont dans leur tableau

Tranquilles

Et moi, je suis au milieu de grandes personnes

Qui s'agitent

 Wien - Galerie d'arts - 060610

 

L'enfant de la liberté

 

Je suis l'enfant de la liberté
Mon père est l'Amour, ma mère est Liberté
Moi je suis née pour aider
Pour filer comme le vent
Et aider les innocents
Il y en a qui sont nés
Pour être comme des oiseaux en cage
Et moi, oiseau du vent, faite pour les délivrer
Moi je ne suis pas faite pour me taire
Ou être enfermée
Jamais on ne me taira
Parlez et riez autant que vous voulez
Mais vous saurez
Que je sais très bien que ce que je veux
Je le fais, je donnerai même ma vie
Pour tous les enfants et êtres vivants
Qu'ils soient d'Afrique ou d'Amérique
D'Asie ou d'Océanie
Europe compte aussi
TENEZ-VOUS ÇA POUR DIT !!!! COMPRIS !!!!!!

 

42Orsay.jpg

 

 

 

 

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