Ittenheim, commune du Bas-Rhin
En 2005, des fouilles archéologiques réalisées à Ittenheim ont permis de mettre à jour 392 structures datées du Néolithique ancien, de l’âge du fer et de la période gallo-romaine, mais le village du Kochersberg fut surtout connu pour être la halte régulière de Napoléon Bonaparte.
Dans le très beau livre de Joseph Conrad, "Le duel", l'histoire commence en 1800 à Strasbourg, alors que le jeune lieutenant de cavalerie d'Hubert est chargé par l'état-major de mettre aux arrêts le lieutenant Féraud qui s'est rendu coupable d'avoir participé à un duel le matin même contre un civil. Ce soir-là, Hubert fait irruption dans le salon de Madame de Lionne pour procéder à l'arrestation, ce que n'apprécie guère le méridional lieutenant qui, devenu instantanément son ennemi juré, considère que cet affront à son honneur ne pourra trouver réparation que dans le sang. Dès lors, pendant qu'en Europe font rage les guerres napoléoniennes, les deux hommes se retrouvent à intervalles plus ou moins réguliers, afin de poursuivre leur duel. Avec Napoléon Bonaparte, Strasbourg retrouve opulence et prospérité grâce au blocus continental et à sa position centrale dans la stratégie de conquête européenne de l’Empereur. Le français a remplacé l’allemand dans les actes de la vie publique. L’université retrouve tout son lustre du XVIIIe siècle. Les armes d'Ittenheim se blasonnent ainsi: "D'azur aux trois lionceaux d'argent lampassés de gueules".
Il existe à Ittenheim, un groupe scolaire « Le Petit Prince » qui accueille une école maternelle de 3 classes (petits, moyens, grands) et une école élémentaire de 6 classes (CP à CM2). En 2014 la scolarité locale concernait environ 220 élèves.
Le village d'Ittenheim voisine avec la commune d'Handschuheim, du germanique "hundschuh « gant » + heim « village en forme de gant » ou « village de la ganterie ».
Ittenheim : corps de ferme. Les bâtiments de cette ferme sont disposés en fer à cheval ou en U autour d’une cour fermée par un portail monumental élevé en 1828 et dont les montants en grès sont décorés. Ceux de la porte piétonne abritent des niches terminées vers le haut par une coquille de saint Jacques et dotées d’un petit siège en pierre propice à la conversation avec les voisins ou à la surveillance des faits divers de la rue. On aperçoit au-dessus du mur d’enceinte, au sommet du mur pignon, une loggia en encorbellement ornée de chaises curules. Leur forme évoque le siège des dignitaires Romains, donc la demeure d’un chef, personnage important ayant droit à certains égards. Par extension, elle orne la demeure des grands fermiers. Les allèges de fenêtre contiennent des croix de saint-André. Ce décor est symbole de multiplication, donc de fécondité, aussi bien pour les hommes que pour les bêtes. Lorsque la croix est doublée, elle signifie l’union de deux êtres.

/image%2F1217620%2F20250328%2Fob_90cca8_319760751-709639987126411-760715620080.jpg)