La perle blanche, le bijou d'Alpha Sigma Tau
Dans toutes les régions du monde où elles ont été connues, sont apparus des légendes sur leur origine et des mythes sur leur attributs. la popularité de ces mythes et légende explique partiellement le retard de la connaissance scientifique sur l'origine et la formation des perles. Ces mythes ont aussi été la cause de la convoitise des hommes pour acquérir ces précieuses et magiques gemmes, encourageant la pêche des perles jusqu'à la quasi extinction des bancs naturels dans toutes les mers où celles-ci se trouvaient.
Les perles, en tant qu'emblèmes de la beauté naturelle pérenne, ont été liées dans toutes les cultures des régions perlières à la création divine. Les mythes qui ont essayé de discuter leur origine ont toujours considéré ces gemmes comme un produit directement ou indirectement divin, ce qui explique l'origine des croyances qui les considéraient comme porteuses des pouvoirs surnaturels et magiques des divinités dont elles provenaient.
Ainsi l'homme les a aussi recherchées pour s'approprier et employer leurs dons. Les perles ont donc été des objets chéris et vénérés, et non pas simplement de belles gemmes convoitées. Dès leurs premiers usages, elles ont été des symboles portés en bijoux ou en amulettes. Néanmoins, le bénéfice tiré de leurs pouvoirs surnaturels ne s'arrêtait ps là. Il a été couramment étendu aux usages médicaux et superstitieux.
Le pouvoir symbolique des perles était tellement grand dans l'Antiquité qu'il pouvait atteindre des régions extrêmement éloignées des gisements perliers. Nées en Inde ou en Perse, les croyances mystiques, religieuses et superstitieuses sur les perles se sont répandues dans toutes les directions de l'Ancien Monde. Depuis l'Antiquité, les perles arrivaient de l'Orient en Occident accompagnées de leur symbolisme, qui, adapté à chaque culture, a donné naissance à de nouvelles légendes, depuis la Chine jusqu'en Grèce. Malgré ces adaptations, l'essence de leur pureté restait inchangée.
Cette transmission culturelle explique les grandes similarités qui existent entre les mythes au sujet de la nature des perles. L'origine mythique la plus courante était centrée dans les gouttes d'eau qui tombaient du ciel dans la mer. Ce mythe indien était courant dans toute la région de l'Indo Pacifique.
Parmi les anciens Chinois, on croyait que les mollusques étaient fécondés à cause du tonnerre et que les perles grandissaient sous l'effet de la lumière de la lune.
Comme des évidences archéologiques l'ont montré, les Persans zoroastriens qui adoraient le soleil et le feu considéraient que le rôle de cet astre sur la formation des perles fétait encore plus important que celui de la pluie.
Adaptant les mythes de l'origine des perles à leur propre culture, les anciens Grecs associaient les gemmes brillantes à Aphrodite, la déesse de l'amour et de la beauté. Ils croyaient qu'elle était issue de l'écume de la mer. Lors de sa naissance, elle s'était secouée, avait jeté des gouttes d'eau dans l'océan et celles-ci étaient devenues des perles. Pour les Grecs, les perles symbolisaient le charme de la déesse de l'amour. La mythologie grecque a aussi comparé les perles avec les larmes des dieux, une notion qui a prévalu pendant des milliers d'années.
La croyance que les perles provenaient de gouttes d'eau solidifiées, aidées par la lumière du soleil ou de la lune, est devenue dominante dans la pensée européenne sur l'origine de ces gemmes. De façon étonnante, les tribus américaines que les Espagnols rencontrèrent aux Caraïbes aux XVe et XVIe siècles, avaient développé des idées très semblables. Ces cultures si éloignées et si différentes accordaient à l'origine des perles des causes surnaturelles provenant du feu ou de l'eau et octroyaient certaines qualités surnaturelles à ces gemmes.
Les perles étaient des symboles mystiques et moraux dans les différentes sciétés du fait de leur origine mysthique et spirituelle. Quelquefois, elles incarnaient des êtres ou des principes sacrés ou encore des idées abstraites. De la préhistoire à l'époque moderne, la perle a toujours été le symbole de la beauté parfaite et pure, de l'amour en plénitude, de l'innocence, de l'humilité et du sens de la gratitude ou de la reconnaissance.
L'hindouisme a employé l'image des perles sans ses textes sacrés dès l'an 1000 av. J.-C. Le bouddhisme chinois inclut les perles parmi les huit bijoux, aussi connus comme les huit objets précieux dans son iconographie. Les cultes mystérieux des temps gréco-romains, qui ont atteint leur zénith au IIIe siècle, ont aussi trouvé une signification spéciale aux perles. Les premiers chrétiens considéraient ces gemmes comme un puissant symbole de pureté, de foi et de la naissance sacrée du Christ.
La richesse perlière de L'Inde et de la Perse a permis à leurs habitants d'apprécier et de collectionner de grandes quantités de perles. En Orient, elles apparaissent dans les cultes religieux et dans la poésie. Dans les Veda (1000 av. J.-C), le Ramayana et le Mahabharata, il y a plusieurs allusions aux perles. Un ancien mythe hindou rapporte que ce sont les éléments qui ont fait ces offrandes à la divinité. L'air lui a offert l'arc-en-ciel, le feu l'éclair, la terre un rubis, et la mer une perle. L'arc-en-ciel a formé une auréole autour du Dieu, l'éclair lui a servi de lampe, le rubis a orné son front et il a mis la perle sur son cœur.
En Occident, la naissance de la perle est associée à celle de Vénus. Cette légende a été représentée par Botticelli (1486) dans son tableau La naissance de Vénus qui se trouve à la galerie des Offices à Florence et sur lequel Vénus est représentée sortant d'un grand coquillage. Les perles sont aussi associées aux larmes. Les perles blanches sont des larmes de femmes, les perles noires sont des larmes d'hommes.
Dans le monde religieux, on a toujours loué la perle comme un symbole de pureté, d'humilité et de crainte de Dieu. Les premiers chrétiens ont transformée un mythe ancien de l'origine divine dans une métaphore de la naissance du Christ, faisant de la perle un emblème tant du Christ que de la Vierge. La perle a aussi représenté l'âme incarnée dans un corps terrestre. L'âme perle était innocente, pure et pleine de foi et de sagesse, quoique entourée par la corruption du monde. Puis l'imagerie sacrée de la perle s'est concentrée sur sainte Marguerite d'Antioche, dont le nom vient du mot grec signifiant perle. Les portes de perles, pearly gate, ont aussi symbolisé l'entré dans le royaume des cieux, rappelant la porte de perles qu'avait Aphrodite.
Jusqu'au XVIIe siècle et même longtemps après, les Européens ont accepté l'origine divine des perles. À l'époque victorienne, comme représentation de l'amour, la perle était un symbole du clitoris, rappelant la porte perlière d'Aphrodite. Son emploi dans l'imagerie religieuse en a fait un symbole de salut, tandis que sa valeur monétaire en faisait un symbole de richesse. Encore aujourd'hui, en psychologie, on emploie la perle dans l'interprétation des rêves. Elle symbolise le centre mystique ou l'âme ou encore la sublimation de pulsions anormales.
Les perles ayant joui pendant tant de siècles du statut de création mystique et de porteuses de pouvoirs surnaturels, l'obsession des hommes à leur égard n'a pas été due seulement à la luxure et à la richesse, mais plutôt à des motivations spirituelles ou superstitieuses.
Finalement, grâce au lien des perles avec les notions de pureté et de douceur, depuis l'Antiquité, elles ont été un cadeau de mariage convenable. Selon une ancienne tradition hindoue, il est courant dans les mariages que l'on présente et perce une perle vierge.
Dans les mariages en Occident, les perles sont aussi courantes. Mais dans plusieurs pays occidentaux, on considère de mauvais augure que la mariée porte des perles le jour de son mariage car elles représentent les larmes quelle versera dans sa vie matrimoniale.

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