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Héroïnes de guerre, au Centre Charles Péguy

Publié le par Dominique

La famille du soldat sera la première association à donner vie au statut de marraine de guerre. La fondatrice, Melle Lens pourra même compter sur la publicité gratuite des journaux tels que l’Echo de Paris. Puis les quotidiens s’associent plus largement à ce mouvement et ouvrent leurs propres rubriques qui fleurissent dans les colonnes de l’Homme Enchainé, La Croix, Le Journal. Le succès est tel qu’une seconde association est fondée par Mme Bérard, bénéficiant elle, du soutien d’Alexandre Millerand, Ministre de la guerre. Puis, l’idée fait tache d’huile et les initiatives croissent et se multiplient, tandis que se tissent les liens entre les hommes et les femmes. Les motivations sont alors purement patriotiques et la morale est sauve. C’est un élan de solidarité bienveillante et encourageante qui est à l’œuvre. Toutes ces actions sous-tendent l’Union sacrée et revêtent un aspect familial. Mais très vite, la morale s’affranchit de son cadre humanitaire pour verser dans les relations sentimentales et plus si affinités. Le journal Fantasio est la revue légère qui va  donner  le  départ de cette métamorphose avec l’œuvre du « Flirt sur le Pont » le 1er mai 1915. C’est la solitude amoureuse des soldats dont le périodique prétend se préoccuper, et il ouvre ses rubriques pour servir d’intermédiaire avec des jeunes femmes. Le succès est monumental, les demandes des soldats arrivent par centaines dépassant les offres féminines. Tant et si bien que sept mois plus tard, envahi de sollicitations, le journal renonce à son initiative. Et c’est la grivoise revue La Vie Parisienne qui prend le relais. Peu à peu, l’image des marraines de guerre se ternit.

On y va, sage comme une image, pour avoir la paix et être sure que le cauchemar se termine bientôt.

Héroïnes de guerre, au Centre Charles Péguy