De l’Art’telier à la manufacture, le sac Louis Vuitton texan.
La marque du groupe LVMH a inauguré son nouveau site de fabrication, le troisième des États-Unis.
En Juin 2019, nous avons reçu les chefs d’Etats du G8 à Biarritz et des accords commerciaux ont été passés entre la France et les Etats-Unis.
Le samedi 19 octobre, le Journal Le Monde a publié un article sur sa visite au Ranch de Rochambeau, à l’ouest de Dallas au Texas, propriété de l’homme d’affaires français Bernard Arnault. Il est le Président de LVMH, et il a inauguré le nouveau site de fabrication du sac Vuitton texan, le troisième aux Etats-Unis. C’est un investissement de 50 millions de dollars (45 millions d’euros) qui a permis d’embaucher 150 couturiers, essentiellement des femmes texanes (il y en aura 1000 d’ici 5 ans). Donald Trump a visité l’usine avec Bernard Arnault et son fils Alexandre, en compagnie de sa fille Ivanka, son gendre Jared Kushner, et plusieurs de ses ministres. Donald Trump a dit : « Ce que fait Bernard est incroyable, c’est un honneur de vous avoir au Texas. Vous êtes un artiste, un visionnaire… ». Bernard Arnault a dit : « On est assez fier que le Président des États-Unis vienne en personne inaugurer un atelier Vuitton au Texas ! ».
Bernard Arnault est un des rares patrons étrangers a être reçu par le Président à Manhattan. Mais Donald Trump a un programme protectionniste, se qui n’arrange pas LVMH dont les États-Unis sont le premier marché. Donald Trump voulait une renaissance manufacturière aux États-Unis par le biais de baisse d’impôts historiques et de meilleurs accords commerciaux. Bernard avait foi dans cette vision et a promis d’apporter une usine flambant neuve aux États-Unis.
Dès 2017, Louis Vuitton a acheté un ranch de plus de 100 hectares qu’il a rebaptisé « Rochambeau », du nom d’un lieutenant-Général français, qui avait aidé Washington lors de la guerre d’indépendance à la fin du 18ème siècle pour créer une mythologie franco-américaine. Le Texas, c’est aussi la légende des cow-boys et le ranch élève des bovins et des cerfs, ce qui donne à l’atelier des airs de Made in Texas. Mais pas complètement, car le cuir continuera d’être importé d’Europe, et la poursuite de l’élevage est une condition pour avoir droit à un abattement fiscal de 90 000 dollars. Cet abattement fiscal octroyé par le Comté de Johnson a fait grincer quelques dents dans la population, dont une partie n’a pas apprécié que LVMH engage son investissement sous un faux nez « Mustang Project » pour ne pas attirer l’attention ou surpayer les terres. En fait, les aides fiscales sont systématiques aux États-Unis et depuis, tout a été oublié. Michael Burke, le patron franco-américain de Vuitton demande : « Pourquoi ne parlez-vous pas des 99% qui sont satisfaits ? ».
Louis Vuitton produit depuis longtemps des sacs Made in USA, en Californie dans deux ateliers inaugurés en 1990 et 2011, pour alimenter partiellement le marché américain et se protéger des guerres commerciales. L’immunisation n’est pas totale. Plus de la moitié de la maroquinerie vendue aux États-Unis restera importée. Le patron du luxe défend le libre marché mais il a dit à Donald Trump : « Il faut faire attention à la contrefaçon. Des société qui vendent à longueur de page des faux financés par le crime organisé, c’est un scandale ». Le Président de LVMH estime qu’il reste dans un cadre économique et pas politique. En tout cas, la relation entre les deux hommes a tout d’une alliance objective.
(Extrait du Journal Le Monde)

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