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Moins de vaccins outre-Atlantique. Mise en danger de la petite enfance. Article

Publié le par Dominique

La liste des vaccins officiellement recommandés aux enfants américains passe de 17 à 11, écartant notamment celui contre l’hépatite B. Une décision prise sans consultation préalable du comité consultatif sur les pratiques de vaccination.

C’est l’aboutissement de la remise en cause de la stratégie vaccinale américaine engagée par le ministre de la santé, Robert Francis Kennedy Jr, depuis sa nomination il y a presque un an. La liste des vaccins officiellement recommandés aux enfants américains est passée de 17 à 11, lundi 5 janvier, à la suite d’une décision prise unilatéralement par les représentants des autorités sanitaires nommés par Donald Trump, sans consultation préalable du comité consultatif sur les pratiques de vaccination. Ce changement, le plus important à ce jour dans les pratiques de santé publique introduites par M. Kennedy, fait craindre à de nombreux experts une accélération de la perte de confiance dans les vaccins et la résurgence de maladies aux Etats-Unis. Une décision largement critiquée par les sociétés savantes et organisations de médecins. Dès le 5 décembre 2025, le président, Donald Trump, avait demandé à M. Kennedy d’aligner le calendrier vaccinal américain sur celui d’autres pays riches, citant le Danemark, l’Allemagne et le Japon, qui protègent leurs nourrissons contre 10 à 15 maladies.

Dès le mercredi 3 septembre, le plus haut responsable de la santé de l’Etat républicain de Floride, Joseph Ladapo, a comparé les obligations vaccinales à de l’« esclavage » et annoncé vouloir « mettre fin à toutes les obligations vaccinales en Floride », y compris celle des écoliers.

Alors que les preuves scientifiques n’ont jamais été aussi solides pour démontrer l’efficacité et la sécurité des vaccins, certaines de ces maladies réapparaissent. La rougeole, déclarée éliminée du territoire américain en 2000, circule de nouveau de façon préoccupante avec plus de 1 000 cas recensés en 2025, du fait d’une diminution de la couverture vaccinale.

Une étude publiée en avril dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) prévoit qu’une baisse de 10 % de la couverture vaccinale contre la rougeole pourrait entraîner plus de 11 millions de cas supplémentaires aux Etats-Unis au cours des vingt-cinq prochaines années. La coqueluche, longtemps sous contrôle, connaît une recrudescence inquiétante. D’autres menaces existent comme la possible réémergence de la poliomyélite, dont la quasi-éradication était considérée comme une victoire majeure de la médecine moderne.

Désormais, 11 vaccins sont recommandés à l’ensemble des enfants américains, contre 17 auparavant. En France, 12 vaccins sont obligatoires, dont celui contre l’hépatite B (mais pas A) et celui contre les méningocoques. Celui contre les rotavirus est recommandé, et ceux contre la grippe et le Covid-19 sont accessibles.

Mais de nombreux médecins s’inquiètent. « Le calendrier américain pour les vaccins pour enfants est l’un des outils les plus minutieusement étudiés que nous ayons pour protéger les enfants de maladies graves, parfois mortelles », a réagi Sean O’Leary, spécialiste en maladies infectieuses et pédiatrie. « Il est crucial que toute décision » à ce sujet « soit fondée sur des preuves » et « non des comparaisons qui ne tiennent pas compte de différences majeures entre pays et systèmes de santé », a-t-il ajouté.

L’exemple du Danemark, qui recommandait jusqu’ici moins de vaccins aux enfants que les Etats-Unis, n’est pas pertinent, ont récemment alerté des experts de l’université du Minnesota. « Le calendrier du Danemark est le reflet de décisions prises dans un petit pays, très homogène, avec un système de santé publique centralisé qui garantit un accès universel aux soins, une faible prévalence des maladies, ainsi que des infrastructures sociales solides », ont-ils écrit. « Ces conditions n’existent pas aux Etats-Unis, loin de là », précisent-ils.

Cette décision américaine intervient après de nombreuses autres, toutes allant dans le même sens critique envers la vaccination. En décembre, l’agence américaine du médicament, la Food and Drug Administration, a dit enquêter sur de possibles morts liées aux vaccins contre le Covid-19, quand bien même l’efficacité et la sécurité des vaccins anti-Covid ont été documentées par de nombreuses études. En décembre également, un groupe d’experts entièrement remanié par le ministre a décidé de cesser de recommander le vaccin contre l’hépatite B à l’ensemble des nouveau-nés.

Ces initiatives suscitent l’inquiétude au sein de la communauté médicale américaine, qui accuse ces experts de chercher à restreindre les accès aux vaccins, alors même que les taux de vaccination du pays évoluent à la baisse depuis la pandémie de Covid-19 et font craindre le retour de maladies contagieuses mortelles, comme la rougeole.

Ce sont les Etats, et non le gouvernement fédéral, qui ont le pouvoir d’imposer la vaccination aux écoliers. Bien que les recommandations fédérales influencent souvent les réglementations étatiques, certains Etats ont commencé à former leurs propres alliances pour contrer les directives de l’administration Trump en matière de vaccins.

Même inquiétudes concernant la rétrogradation des vaccins contre les méningocoques, ces bactéries pouvant provoquer la méningite à l'issue souvent fatales pour les enfants. "Les Etats-Unis, envoie, sans la moindre preuve crédible, le signal qu'ils ne font pas confiance à la sécurité ou à l'efficacité de ces vaccins" avertit la Directrice du Centre de la pandémie de l'Ecole de Santé Publique de l'Université de Brown à Providence, Rhodes Island. Elle craint que cette décision ne réduise le recours des Américains aux vaccins, soit en raison d'une perte de confiance de la population dans cet outil de prévention, soit parce que les assureurs seront moins enclins à en réduire les coûts. "Si cela se produit, nous assisteront à une résurgence de maladies mortelles et coûteuses qui étaient autrefois bien maîtrisées", anticipe la chercheuse. Le manque de vaccination contre la rougeole à d'ores et déjà provoqué en 2025, la plus grande épidémie du XXIème siècle dans le pays.

vaccination contre la bronchiolite

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