Ukraine-Russie, quatre années de guerre. Le bilan humain. Mes souvenirs de Crimée sur la mer noire
Nous sommes partis de Constantza en Roumanie, pour un voyage sans escale, en haute mer, de la mer noire. Nous sommes en 1967 ou 68, je ne sais plus très bien, mais nous venons de passer déjà un mois complet à Constantza dans une jolie villa les pieds dans l'eau, et toute la famille est bien bronzée, cela se voit sur les films Super 8 que mon père nous montrera au retour en France, à Strasbourg. Mes parents, mon frère, ma sœur très jeune, et mon parrain Adolphe, que l'on nomme affectueusement Miker, et sa femme Renée. Nous avons tous embarqué sur le même paquebot. Après Odessa et Sébastopol, Constantza est le troisième grand port de la mer Noire, et le paquebot "Transilvania" lancé le 11 février 1938 (et arrivé le 26 juin de cette même année à son port d'attache : Constantza, sur la mer Noire) fut construit au chantier naval "Burmeister & Wein" au Danemark. Il doit nous emmener à Istanbul en Turquie. Mon père a beaucoup filmé sur ce paquebot qui fut un temps propriété de la Russie, puis rendu à la Roumanie. Nous faisions partie des rares touristes à emprunter la mer noire pour le détroit du Bosphore avec quelques touristes russes, d'autres roumains, une 'nomenklatura'. Ce bateau était chargé d'histoire, mais à l'époque, nous ne le savions pas. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il avait transporté des émigrants juifs vers Haïfa. En 1951, il cessa ses voyages ayant transporté environ 50 000 Juifs roumains vers Israël. De ce paquebot, mon père nous a filmé devant un très beau couché de soleil, alors que nous étions sur le pont, et ma main d'enfant dans celle de mon parrain, le regard éblouit. A ma question: "Quel est la pays que l'on voit au loin et les lumières sur la mer?", mon parrain me répondit: "C'est la Crimée!".
Après avoir passer toute une nuit calfeutrés sur nos couchettes, pris un petit-déjeuner copieux avec des charcuteries, du fromage de burduf et du bundás kenyér ou pain moelleux, nous étions à nouveau sur le pont plein soleil du Transilvania, et plus tard le paquebot s'engagea dans le détroit jusqu'à Istanbul. Un paysage extraordinaire, la ville aux minarets étendue des deux côté du détroit, la visite de la maison de Pierre Loti perchée sur une colline, offrant une vue spectaculaire sur la Corne d’Or (Pierre Loti repose au cimetière d’Eyüp à Istanbul). Le quartier Sultanahmet le plus populaire d'Istanbul, les souks, Sainte-Sophie, la mosquée bleue, le diamant de Topkapi, le plus pur des diamants exposé au Palais de Topkapi avec le poignard incrusté d'émeraudes du sultan Mahmoud Ier. C'est là que j'ai vu mes premières émeraudes et aussi des manuscrits de calligraphie islamique. A couper le souffle d'une enfant de Strasbourg.
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Depuis 2022, un Russe sur 25 âgé de 18 à 49 ans aurait été tué ou blessé en Ukraine. Le CSIS estime que 275 000 à 325 000 soldats russes auraient été tués sur la période allant de février 2022 à décembre 2025. Le CSIS a estimé, début 2026, que la Russie avait subi environ 1,2 million de pertes (tués, blessés et disparus) depuis le début de la guerre, dont jusqu'à 325'000 morts. Ces morts, il n'en est quasiment jamais question dans l'espace public russe.
Avec déjà environ 500 000 morts, la guerre entre la Russie et l’Ukraine est le pire bain de sang en Europe depuis 1945. Malgré le secret militaire entourant les pertes de part et d’autre et les difficultés à comptabiliser les victimes civiles, particulièrement dans les zones occupées, des efforts hors champ de bataille et des recoupements de données publiques permettent d’évaluer l’ampleur colossale du bilan humain de ces quatre années de guerre.
De 500 000 à 600 000 morts, militaires et civils confondus. C’est le bilan humain approximatif, quatre années après la décision de Vladimir Poutine de déclencher l’invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022. Il s’agit du pire bain de sang sur le continent européen depuis la seconde guerre mondiale, loin devant les guerres de Yougoslavie. Si l’on ajoute les invalides de guerre, le total approche les deux millions d’individus, d’après les calculs du Center for Strategic and International Studies, un cercle de réflexion de Washington spécialisé dans les questions de sécurité. Il ne s’agit toutefois que d’une estimation, car l’Ukraine comme la Russie ont classifié leurs pertes militaires.
Sur le versant civil, un rapport des Nations unies, daté de la mi-février, évalue à 53 006 le nombre de victimes civiles ukrainiennes prouvées et identifiées, depuis le 24 février 2022, dont 15 954 morts. A cela s’ajoutent les dizaines de milliers de victimes civiles sur les 20 % du territoire ukrainien occupé par l’armée russe, parmi lesquelles les 22 000 tués, selon Kiev, durant les trois mois de siège de Marioupol par l’armée russe, au printemps 2022. Un chiffre toutefois invérifiable, du fait de l’occupation de Marioupol et des efforts des autorités d’occupation russes pour dissimuler l’ampleur du massacre.
Soucieux de présenter la Russie en position de force, il multiplie les déclarations au sujet de l’avancée de ses troupes, pourtant très modestes et au prix d’énormes pertes. L’objectif est clair : faire croire à une victoire russe inéluctable, accentuer la pression sur les Américains et les Européens pour imposer ses exigences maximalistes, et obliger Kiev à céder d’importants territoires, dont certains n’ont même pas été conquis par les forces de Moscou.
Qui a la plus grosse armée en Europe ?
En termes d'effectifs, la France compte l'armée la plus importante de l'Union européenne avec 264 000 militaires actifs (sur une population d'environ 69 millions d'habitants), auxquels s'ajoutent 43 444 réservistes non mobilisés.
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Transilvania (navire) - Wikipédia
Commandé par le Service maritime roumain, le paquebot Transilvania , construit en 1937 au chantier naval Burmeister & Wein, Danemark, a été lancé le , et est arrivé le de cette même année à...
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Russia's Grinding War in Ukraine
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