David Chipperfield, architecte britannique, et le contexte historique des bâtiments. Article
Sir David Alan Chipperfield, architecte britannique né en 1953, diplômé de la Kingston School of Art et connu pour sa modération formaliste. Un architecte rationnel et pas compliqué, pour le moins (ennuyeux, estiment certains), dont les réalisations, carrées et structurées au cordeau, ont peu de chance de susciter la transe émotionnelle.
David Chipperfield, à dessein, n’a que peu de goût pour ce qu’il nomme la « particularité » : « Je pense qu’une bonne architecture fournit un cadre, elle est là et elle n’est pas là. Comme toutes les choses qui ont une grande signification, elles sont à la fois au premier plan et à l’arrière-plan et je ne suis pas toujours fasciné par le premier plan », annonce-t-il. L’éloge de la mesure, contre le spectacle. Plus le retour à la structure, contre l’errance ou le délire conceptuels.
Quoique né dans la métropole londonienne, David Chipperfield a grandi dans un milieu rural, au cœur du Devonshire. Ses biographes insistent volontiers sur son intérêt, jeune encore, pour les bâtiments agricoles, les granges notamment. John Ruskin, chantre du néo-gothique, se laissait fasciner par les cathédrales de la fin du Moyen Âge, par leur exceptionnalité tectonique et leur exubérance lapidaire. David Chipperfield, à l’inverse de son illustre compatriote, se focalise sur la bonne structure élémentaire, dans une perspective que l’on dirait plus volontiers romane que gothique (l’arc en plein cintre, rustaud, plutôt que la fort complexe croisée d’ogives). Quelle est la mission de l’architecte, selon lui ? Construire bien, construire simple si possible, construire solide aussi.
David Chipperfield est l’un des architectes britanniques les plus prolifiques de sa génération.
Il fonde son agence David Chipperfield Architects en 1985 à Londres avant de s’implanter aussi à Berlin, Shanghai et Milan et acquiert une renommée internationale grâce à la réalisation de bâtiments publics et culturels à travers l’Europe et les États-Unis. On retient parmi ceux-ci le River & Rowing Museum en Angleterre (1997) ou encore la rénovation du Neues Museum de Berlin (2009).
L’architecte britannique porte une attention particulière au contexte historique de ses bâtiments qu’il envisage comme un champ de possibilités. Son architecture sobre et symbolique oscille entre innovation et conservation.
Chipperfield a enseigné au sein de diverses institutions à travers le monde et a remporté plus d’une centaine de prix internationaux. Il a été le premier architecte britannique à remplir la fonction de commissaire de la Biennale d’architecture de Venise (2012).

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