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Pour le printemps des poètes. Dans les arbres fleurissent les pierres, par l'écrivain Cees Nooteboom

Publié le par Dominique

Cees Nootboom, écrivain néerlandais, (La Haye 1933); (11 février 2026 - Minorque, Espagne). Poète, journaliste, traducteur, critique littéraire, écrivain, romancier, nouvelliste. 

Dans les arbres fleurissent les pierres

Mon frère l’abîme, ma sœur la cascade,
ma mère roselière pour la hutte, mon père lichen
sur des rochers de rouille, son père à lui, famille des poissons,
forme aquatique pulmoné comme toi.

Nul ne nous a conçus, nous étions les gravats
de la prime seconde, nous étions là dès
le début. Ensuite seulement nous avons eu des âmes et
le loisir d’écrire. Ils sont à nous, les mots

de pierre et d’eau. Jamais nous n'avons
renié nos origines, nous sommes ce qui est,
nombres suivis d’un néant à leur fin. Quelqu’un jeta jadis
une pierre dans l’eau, ces cercles qui s’étendent encore

et toujours, c’est nous.

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Grand amoureux de l’Espagne, Cees Nooteboom raconte dans "Le labyrinthe du pèlerin" la beauté, l’Histoire et les secrets à découvrir sur le chemin de Saint- Jacques-de-Compostelle.

Dans "Rituels" : Peu de chose, sans doute, rapproche le rituel de la messe et celui de la cérémonie du thé. Pourtant, l'un comme l'autre vont marquer de leur empreinte Inni Wintrop. Ce dilettante sceptique coulerait à Amsterdam des jours heureux, s'il n'était maladivement sensible à la fuite du temps et à l'omniprésence de la mort. Inni, cependant, aime trop la vie pour ne pas conclure avec elle les compromis que requiert la société. Ce n'est pas le cas des deux êtres dont la rencontre bouleversera son existence. Le premier, Arnold Taads, est un misanthrope qui impose à ses jours le carcan d'une discipline de fer. Le second, Philip Taads fils d'Arnold, qu'Inni rencontre vingt ans plus tard, en l973, a en commun avec lui le goût de la solitude et de la méditation. Les deux Taads refusent le monde tel qu'il est, et le monde les éliminera tragiquement. Mais Inni, sous son masque ironique, n'est-il pas leur frère jumeau ?

Dans "Lettres à Poséidon"
C'est le poème que je lis en ce moment, en une heure qui hésite entre la fin d'après-midi et le début de soirée. La mer est agitée, la baie, déserte, les rochers où je me suis assis retiennent encore un peu de l'ardeur du soleil, le paysage d'en face est le sien, c'est la même mer, l'eau à cette heure-ci est violacée comme alors, je lis les mots écrits dans ces caractères que j'ai appris jadis, il y a plus de soixante ans, je retrouve encore des mots, des tournures, son poème est vieux de près de trois mille ans mais il reconnaîtrait tout ici, la lente transition du crépuscule à l'obscurité, les mouvements et le bruit de l'eau qui, du large, s'engouffre dans le pertuis de la baie, les vagues composant une longue déclamation ondoyante et sans fin de phrases claires ou obscures qui maintenant accompagnent son poème. 

Dans «Venise. Le lion, la ville et l’eau», C’est une Venise hivernale ou à peine printanière que nous révèle ici l’auteur. On y arrive en train, en avion, en voiture. On s’installe avec lui à l’hôtel puis dans des lieux culturels comme dans de modestes appartements à l’écart du centre. Ainsi, depuis son premier voyage en 1964, la vie vénitienne s’égrène au fil de ces cinquante dernières années.

Dès lors s’opère la magie de Nooteboom, ce vagabondage qui le caractérise, littéraire, historique et philosophique, au gré de sa mémoire, de sa culture, de son humeur. Comme toujours ses compagnons de déambulation sont des historiens mais aussi des peintres, Carpaccio, le Tintoret, Tiepolo, Guardi, Véronèse, Giorgione, Canaletto. Et toujours des écrivains, Casanova, Ruskin, Mann, Borges, Pound, Montale, Brodsky et tant d’autres.

Mais le charme de ce livre ne s’explique pas seulement par l’érudition généreuse et solaire de l’auteur. Il provient de son extraordinaire capacité à mobiliser sa réflexion et sa créativité à partir de ce que le hasard lui propose. Et de son insatiable curiosité qui l’amène à prendre des chemins de traverse pour explorer l’envers du décor. «Venise. Le lion, la ville et l’eau» est beaucoup plus qu’un livre de voyage, c’est un livre où une incroyable jeunesse d’esprit s’allie à une totale liberté de forme. La phrase de Nooteboom incarne par son mouvement, ses rebonds, son bercement, sa sonorité, sa plastique, l’essence même de la chose décrite : du grand art.

Cees Nooteboom - Brasilia 1968

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Désirs d'Espagne. Mes chemins de Compostelle "Le labyrinthe du pèlerin"

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Venise. Le lion, la ville et l’eau

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Espagne: Minorque, Baléares. L'île tranquille

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