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Le film que l'on peut voir en ce moment. "Butterfly jam" de Kantemir Balagov. Sélection du Canard Enchaîné.

Publié le par Dominique

Kantemir Balagov, 35 ans, jeune réalisateur russe en exil aux Etats-Unis et à Paris, est un cinéaste inclassable, capable de passer du drame historique assez pointu, tel Une grande fille, récompensé par le Prix Un certain regard cannois en 2019, à un épisode de la série horrifique The Last of Us.

L’histoire
Dans le New Jersey, un adolescent de 16 ans surnommé « Pyteh » partage son temps entre les tapis de lutte et le petit restaurant tcherkesse (communauté des montagnes du Caucase) de sa famille, au bord de la faillite. Mais une décision impulsive de son père, Azik, éternel opportuniste, vient bouleverser sa trajectoire, façonnant peu à peu un récit de fierté, d’héritage et de masculinité…

Critique: Le troisième film de Kantemir Balagov, repéré avec Tesnota, une vie à l’étroit puis Une grande fille, quitte la Russie pour la périphérie de New York (plus exactement le New Jersey, où vit une famille de la minorité tcherkesse). Soit un cadre à mi-chemin entre le James Gray des débuts (communauté d’immigrants, tragédie familiale) et le réalisme poétique d’Andrea Arnold – on retrouve d’ailleurs Barry Keoghan et un oiseau. Le récit suit les pas d’un jeune lutteur qui vit avec son père (Keoghan, donc, de nouveau en père pas totalement sorti de l’adolescence) et sa tante (Riley Keough), même si la nature des liens familiaux se devine au fur et à mesure, ménageant une forme d’incertitude et de porosité (le fils pourrait passer pour le petit frère, la tante pour la mère ou la nouvelle copine du père, etc.). Si le cinéma de Balagov s’est déplacé, il n’a pas renoncé à ses ambitions : la nervosité de la caméra à l’épaule, qui filme les corps de près, n’est pas là seulement pour nous plonger dans un bain de réalisme, mais pour fixer une norme de mise en scène dont le cinéaste va s’écarter ponctuellement, afin de saisir un trouble insondable.

Le film

Le film