Petits poèmes (2)
16 février
Veille de carême
Un dernier petit morceau de sucre,
A la crème
Savoir se faire plaisir
L'instance qui nous juge et nous contraint le plus souvent, c'est nous-mêmes. Apprenons à faire taire cette voix intérieure, qui peut devenir systématique das son intransigeance. Avant de lui obéir, apprenons à sentir vraiment, au fond de nous, ce dont nous avons besoin. Parfois il est courageux de savoir résister, mais céder à la tentation qui réveille notre joie de vivre peut l'être tout autant.
1er mars
L'hiver finissant –
des bourgeons sur la branche
tremblement dans l'air frais
Oser exister
Nous hésitons souvent à laisser vivre nos pensées, nos rêves, nos désirs profonds. Nous les muselons sans aucune raison. Les haïkus nous révèlent des manières de dire et de partager de manière tamisée nos sentiments complexes,ceux qui nus habitent. Ils nous offrent une formidable occasion d'appendre à exprimer avec retenue et discrétion notre monde intérieur.
3 avril
Quelque chose de lent dans l'air
soudain fait exploser
les bourgeons
Réaliser ce qui a changé
Tout semble comme hier et, soudain, sans que nous n'ayons rien remarqué, tout a changé. Et nous ou autour de nous. Le printemps nous enseigne ces mutations à la fois souterraine, chaotiques et évidentes. Parce que la sève qui monte dans les végétaux n'est pas une force rectiligne et canalisée. Lorsqu'elle se réveille de la stase hivernale, elle est encore fragile. Il li faut ien des aléas avant de pouvoir affermie, se manifester dans l'éclosion magistrale. Il en va de même pour nous.
18 avril
Averse passée
une goutte de soleil
tremble dans l'herbe
Savoir demander pardon
Il faut beaucoup d'humilité et de courage pour oser dire « je regrette ce que j'ai fais » ou « je me suis trompée », simplement avec les mots du cœur et non ceux de la raison. C'est peut-être l'une des actions les plus exigeantes qui soit, mais lorsque nous avons dépassé ce cap, de nombreuses possibilités, inimaginables jusque là, arrivent à nous.
6 mai
Jardin de fruit
jardin de fleurs
côte à côte
Aimer les différences
La nature est un maître de diversité: elle invite sas cesse à considérer la multiplicité des êtres, des formes, des espèces,. Tous singuliers,avec des points forts et des ponts faibles, des aptitudes et des incapacités, des voies d'évolutions différentes. Appliquer cette biodiversité à la vie aide autant à prendre sa place qu'à accepter celle de l'autre.
20 mai
La ville si grise
une pensée de printemps
Au bord de vivre
Se nourrir d'Art
Lorsque le moral est bas, l'air plus lourd, il est temps de s'abreuver de beauté. Pourquoi ne pas aller dans un musée ou une galerie d'art contempler des toiles de Matisse ou Monet?. Ce dernier affirmait: « l'art est une sorte de calmant cérébral, de rêve, de certitude agréable ». La grande nature, de même, peut nous réconforter, au pur vivant. Alors, regardons ce qui est beau, gratifiant. Et qui constitue une consolation pour l'être profond.
23 juin
Envol de mouette
ma vieille ville soudain
paquebot à quai
Se laisser inspirer
Un mouvement dans le ciel, un geste inattendu, une couleur flamboyante, et c'est toute notre vision qui change. Nous entrons alors dans une autre histoire, celle créée par notre imaginaire,libre des carcans quotidiens. Et cette aventure que nous pouvons soudain raconter n'appartient qu'à nous, mais vibre des désirs de tous les humains. Peut-être en cette minute même d'autres font-ils le même rêve?
29 juin
pieds nus dans la mer
chaque pas me rapproche de
ma grand-mère
Accepter ses héritages
Pris entre deux générations, nous sommes colorés par chacune d'elles. Nos parents laissent leurs empreintes sur nos propres enfants, qui eux-même nous transforment par leur seul présence. Impossible de se prétendre libre de toute influence familiale, impossible de ne pas ressentir l'empreinte de la lignée. Mais il existe un grand paradoxe: plus nous prenons conscience de ces héritages, plus nous pouvons nous en libérer.
18 juillet
On ramasse les myrtilles
à la dérobée
tes seins
Désirer
Un frôlement de mains, l'échange d'un regard, la douceur d'un mot....et c'est tout notre désir qui nous emporte par surprise. Vouloir le maîtriser ou le stimuler serait vain et en annulerait toute la fraîcheur, toute la spontanéité. L'envie de l'autre nous enseigne l'art du furtif et de la délicatesse, la beauté incontrôlable d'une fusion temporaire et pourtant épanouissante. Et de moments d'attirance en moments d'attirance, c'est une histoire d'amour qui peut se créer.

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