Milan Kundera, écrivain universel
Milan Kundera : « C’est l’œuvre qui parle »
Le romancier tchèque, devenu français en 1981, est mort le 11 juillet 2023 à Paris. A l’occasion de l’entrée dans « La Pléiade » des œuvres du romancier, en 2011, « Le Monde des livres » avait réalisé une « interview de ses textes ». L’œuvre de Milan Kundera accorde une place centrale à la question du hasard : « Tantôt énigme à déchiffrer, tantôt facteur responsable de rencontres ou d’accidents, il est autant un ressort narratif qu’un élément central de la démarche ludique de l’auteur.
Après des études secondaires à Brno, Milan Kundera entame en 1948 des études de littérature et d'esthétique à la Faculté des lettres de l'université Charles de Prague, mais change d'orientation au bout de deux semestres et s'inscrit à l'école supérieure de cinéma de Prague, la FAMU. À cette époque, c'est un communiste convaincu.
« Moi aussi j'ai dansé dans la ronde. C'était en 1948, les communistes venaient de triompher dans mon pays, et moi je tenais par la main d'autres étudiants communistes… Puis un jour, j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas, j'ai été exclu du parti et j'ai dû sortir de la ronde. »
Il termine ses études en 1952, interrompues quelque temps à la suite d'« agissements contre le pouvoir ». En 1956, il est réintégré dans le parti, mais en est définitivement exclu en 1970 à la suite de ses prises de positions publiques à partir de 1967.
Exilé en France en 1975 après avoir été censuré et exclu du Parti communiste tchécoslovaque, il est déchu en 1979 de sa nationalité tchèque, qui lui est restituée en 2019. Il obtient la nationalité française le 1er juillet 1981.
La Valse aux adieux, portrait lugubre d'une Tchécoslovaquie figée, stérilisée, anémiée, coïncide aussi avec les adieux de Kundera à son pays. Ses amis français lui trouvent un poste d'enseignant à Rennes, où il parle de Kafka : « Tout le monde nous a dit : “Rennes, c'est moche, c'est vide.” “Alors, c'est pour nous”, avons-nous dit, nous avons ressenti de la sympathie pour cette ville méprisée. » Il y restera quatre ans avec sa femme Véra avant de retourner à Paris pour y enseigner à l'Ehess la littérature d'Europe centrale. Broch, Musil, Milosz, Kafka, qui sont ses maîtres, formeront le casting de son Art du roman (1986). Ce roman était chez lui avant tout affaire de points de vue, de confrontations, une tradition philosophique chère à l'Europe centrale et à l'Allemagne qu'il importa dans la littérature française. Le premier exemple, qui lui apporta aussi la renommée, fut L'Insoutenable Légèreté de l'être (1984). Les titres de ses opus suivants, La Lenteur, L'Immortalité, L'Identité, L'Ignorance…, disent bien cette ambition.
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Mort de Milan Kundera, monstre sacré de la littérature
DISPARITION - Publiée dans la Pléiade en 2011, l'œuvre de l'écrivain a connu une consécration qui transcende les clivages idéologiques et philosophiques. Il s'est éteint à Paris mardi, à l...
https://www.lefigaro.fr/livres/mort-de-milan-kundera-monstre-sacre-de-la-litterature-20230712
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Milan Kundera, romancier de l'existence, est mort
Défenseur infatigable du roman et du droit à la fiction au parcours intellectuel et personnel complexe, le romancier tchèque, devenu français en 1981, est mort le 11 juillet, à l'âge de 94 ans.
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